
| marie-louise ferrari 1914-1990 |

Photo Dominique Landau
|
Cest grâce à larrivée à Xalapa dune artiste
française, Marie-Louise Ferrari, que la présence de la
France sera réaffirmée en 1960. Les rapports avec cette nation furent certes toujours
très importants les seuls livres de lancienne Faculté de Droit et aussi de
la Faculté de Médecine étaient à lépoque en français , mais cest
par louverture de lAlliance Française que les habitants de Xalapa vont
redécouvrir limportance de notre culture. Pendant plus de vingt ans, Marie-Louise Ferrari va consacrer le plus clair de son temps à
lenseignement de notre langue, à tel point quaujourdhui encore, à
Xalapa, bien peu ignorent qui était celle que tous appelaient familièrement « la Madame ».
Mais Marie-Louise Ferrari était aussi une artiste dont le talent fut
primé dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale au Salon des Indépendants. La
découverte de la végétation tropicale la fait abandonner le portrait pour essayer
de reproduire les impressions que cette nature luxuriante lui inspirait, dont ses toiles
sont les meilleurs témoins. Jusquà son décès en 1990, elle a multiplié les
expositions au Mexique mais aussi en Europe. Marie-Louise Ferrari
a toujours revendiqué son appartenance à la culture française, son attachement à un
pays quelle avait défendu pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans la Résistance
aux côtés de Jacques Soustelle. Cest dailleurs à ce titre que le
gouvernement français la cité à lOrdre du Mérite, au cours dune
simple cérémonie à la Fédération des Alliances Françaises du Mexique. Enfin, Marie-Louise Ferrari était aussi un mécène, des plus modestes et
des plus discrets. Sa vie durant, sans en faire état, elle a toujours encouragé la
création artistique, accueillant de jeunes artistes dans sa demeure mexicaine et dans son
appartement parisien, leur donnant un lieu où travailler et exposer leurs uvres. |
| Ce lieu, cétait cest toujours une
merveilleuse demeure coloniale quelle avait achetée en 1970. Située au cur
de Xalapa, dans la rue Alfaro, à deux pas du Palais du Gouvernement et de la cathédrale,
cest une résidence de 1800 mètres carrés dont 600 dune construction datant
de 1797. Les nombreuses toiles de maître qui ornent ses murs témoignent de ses contacts
permanents avec le milieu artistique, la bibliothèque de son travail didactique : plus de
deux mille titres y sont rangés, tant dans le domaine artistique que littéraire. Quant
au jardin, cest la preuve enchanteresse de son amour pour la nature, dans lequel
elle sest efforcée de faire pousser les espèces les plus représentatives de la
végétation tropicale, depuis les orchidées jusquaux dahlias en passant par les
fougères arborescentes.
A son décès, le 22
novembre 1990, la question se posait pour ses héritiers : que faire dun tel
patrimoine? Hommage doit leur être rendu puisque fut prise la décision de conserver cet
héritage. Les dernières volontés de lartiste y aidèrent, recueillies sur son lit
dhôpital à Mexico où elle venait dêtre opérée dun cancer. La
demeure de Marie-Louise Ferrari devait vivre, et elle devait
vivre comme avait vécu sa propriétaire : par et pour lart. Cest ainsi que
germa, lentement mais avec la vigueur propre aux meilleures pousses, lidée d'en
faire une résidence culturelle, un lieu de création ouvert aux intellectuels et aux
artistes du monde entier
ET LE PROJET DEVIENT RÉALITÉ...
Le 22 novembre 1995, date
anniversaire du décès de Marie-Louise Ferrari, fut inaugurée dans une partie de la
résidence une galerie qui, en hommage à son inspiratrice, reçut son nom. Amis et
proches vécurent un moment démotion en revoyant accrochées aux murs de sa propre
demeure des toiles quils connaissaient mais navaient pas revues depuis
longtemps.
Les objectifs de la Galerie
Indépendante Marie-Louise Ferrari sont simples :
Conserver, augmenter et
présenter au public luvre et le patrimoine artistique et culturel accumulé
par Marie-Louise Ferrari.
Ouvrir un espace indépendant
pour lexpression de jeunes talents dans le champ des arts plastiques.
Promouvoir les échanges
artistiques et culturels entre le Mexique et les autres pays, surtout la France.
Projet ambitieux, certes,
puisquil se propose au-delà du souvenir de prolonger la vie et
luvre dune artiste-mécène. Projet immédiatement salué et encouragé
par les autorités locales et aussi par le public dont les commentaires favorables ont
afflué dès le vernissage. Mais, par fidélité à la personne dont elle entend honorer
le souvenir, cette galerie se veut indépendante, cest
à dire libre des pressions parfois exercées sur les organismes subventionnés par le
gouvernement mexicain. Marie-Louise Ferrari avait tracé la
voie, il sagissait de sen montrer digne : imagination créatrice, talent et
originalité, tels seraient les seuls critères à retenir au moment de sélectionner les
artistes invités. C'est ainsi que depuis le premier vernissage, plus de cinquante
expositions ont été organisées, qui ont permis au public de découvrir les oeuvres
d'artistes venus du monde entier.
marie-louise ferrari |
 |
 |
| Cantique (dessin) |
Forêt morte (pastel sur amate) |
|